Publié le 22 juillet 2026 · Mis à jour le 24 juillet 2026
Rédigé par l’équipe de Conseil Jeunes, qui accompagne environ 300 jeunes par mois dans leurs démarches d’installation et d’assurance maladie en Suisse romande.
Tu viens de signer (ou tu vas signer) un contrat en Suisse, et tu te demandes par où commencer. Bonne nouvelle : en tant que Français, tu fais partie des nationalités pour qui s’installer en Suisse est le plus simple. Pas de visa, pas de dossier d’immigration à monter. L’accord sur la libre circulation des personnes entre la Suisse et l’UE te donne le droit de venir vivre et travailler ici dès que tu as un contrat.
Simple ne veut pas dire automatique. Il reste une dizaine de démarches à faire dans le bon ordre, avec des délais précis : 14 jours pour t’annoncer à ta commune, 3 mois pour ton assurance maladie, 12 mois pour ta voiture. Et des pièges qui coûtent cher quand on les découvre trop tard, comme l’affiliation d’office à une caisse maladie ou le droit d’option raté pour les frontaliers.
Ce guide reprend tout, dans l’ordre chronologique, avec les chiffres 2026 vérifiés aux sources officielles (SEM, ch.ch, OFSP, impots.gouv.fr). Que tu deviennes résident suisse ou frontalier, célibataire ou en famille. Pour la vue d’ensemble (checklist J-90 à J+90, budget type, Genève vs Vaud), passe aussi par notre guide complet pour s’installer en Suisse.
L’essentiel en 30 secondes
- Pas de visa : un Français entre en Suisse avec sa carte d’identité et peut y travailler grâce à la libre circulation UE-Suisse.
- Permis B : accordé avec un CDI ou un CDD d’au moins 12 mois, valable 5 ans (source : SEM).
- 14 jours pour t’annoncer à ta commune d’arrivée, et avant ton premier jour de travail.
- 3 mois pour souscrire ton assurance maladie LAMal, avec effet rétroactif au jour d’arrivée.
- Frontalier ? Tu as 3 mois pour choisir entre LAMal et Sécurité sociale française. Ce choix est en principe définitif.
- Côté France : tu signales ton départ au fisc et tu déposes une dernière déclaration l’année suivante.
- Déménagement : tes affaires passent la douane sans frais avec le formulaire 18.44.
Pourquoi c’est simple pour un Français : la libre circulation
La France fait partie de l’UE, et la Suisse a signé avec l’UE un accord sur la libre circulation des personnes (ALCP), en vigueur depuis 2002. Concrètement, ça veut dire que tu as un droit à venir travailler et vivre en Suisse. Le canton ne peut pas te refuser ton permis si tu remplis les conditions, contrairement à un Canadien ou un Marocain qui doit passer par un système de contingents où l’employeur justifie qu’aucun candidat suisse ou européen ne pouvait prendre le poste.
Ce que ça change pour toi :
- Entrée : carte d’identité ou passeport, rien d’autre.
- Recherche d’emploi sur place : tu peux venir chercher du travail en Suisse et y rester jusqu’à 3 mois sans permis (6 mois avec un permis de courte durée pour recherche d’emploi), tant que tu as de quoi vivre.
- Changement d’employeur ou de canton : libre avec un permis B. Tu n’es pas lié à ta boîte.
- Famille : ton conjoint et tes enfants peuvent venir avec toi, même s’ils ne sont pas européens (on détaille plus bas).
Un point que presque personne ne précise : ce droit est attaché à ta nationalité, pas à ton pays de résidence. Un Français qui vit au Canada peut s’installer en Suisse aussi facilement qu’un Français de Lyon. La même règle vaut pour les autres nationalités UE : on a d’ailleurs un guide dédié pour un Belge qui s’installe en Suisse. À l’inverse, un étranger non européen qui vit en France avec un titre de séjour n’a aucun droit à la libre circulation. On y consacre une section plus bas, parce que la confusion est fréquente.
Avant le départ : ce que tu règles depuis la France
Idéalement, commence 2 à 3 mois avant le déménagement.
Le contrat de travail d’abord. C’est lui qui déclenche tout : le permis, le logement, l’assurance. Sans contrat (ou promesse d’embauche), tu peux venir chercher du travail sur place, mais tu ne peux rien anticiper.
Le logement, au moins temporaire. À Genève et Lausanne, le marché est tendu : il faut souvent un dossier avec contrat de travail, extrait de poursuites (que tu n’as pas encore) et parfois des mois de recherche. Beaucoup de jeunes commencent en colocation, en sous-location ou dans un logement meublé temporaire, puis cherchent leur appartement une fois sur place avec des fiches de salaire suisses. Prévois aussi la garantie de loyer : les régies demandent l’équivalent de 2 à 3 mois de loyer bloqués sur un compte.
Les documents à rassembler :
- Carte d’identité ou passeport en cours de validité
- Contrat de travail signé
- Acte de naissance (utile pour l’état civil, demande-le avant de partir)
- Diplômes et certificats de travail
- Permis de conduire (le français reste valable, mais tu devras l’échanger contre un permis suisse dans les 12 mois)
Les résiliations côté France : préavis de ton logement (1 à 3 mois selon la zone), électricité, box internet, abonnements. Mets en place un suivi de courrier à l’international auprès de La Poste. Garde un compte bancaire français ouvert : il te servira pour les derniers prélèvements et les remboursements.
La CPAM : signale ton départ à ta caisse d’assurance maladie. Une fois résident en Suisse et affilié à la LAMal, tu ne dépends plus de la Sécurité sociale française. Si tu pars en tant que frontalier, c’est différent : on y vient plus bas.
Résident ou frontalier : le choix qui change tout
Avant les démarches, une vraie décision : où vas-tu habiter ?
| Résident en Suisse | Frontalier (tu habites en France) | |
|---|---|---|
| Permis | B (ou L) | G |
| Assurance maladie | LAMal obligatoire | Choix LAMal ou Sécu française (3 mois) |
| Impôts | En Suisse (impôt à la source) | Selon le canton : à la source à Genève, en France pour Vaud et la plupart des autres |
| Loyer | Élevé (comptez CHF 1 500 à 2 000+ pour un 2 pièces à Genève) | Nettement plus bas côté France |
| Salaire | En CHF, dépensé en CHF | En CHF, dépensé en euros (change à gérer) |
| Trajets | Courts | 45 min à 1h30 par jour selon où tu vis |
Il n’y a pas de bonne réponse universelle. Le frontalier gagne sur le logement et le coût de la vie, le résident gagne du temps de vie et simplifie tout l’administratif. Ce guide couvre les deux, mais si ton cas est clairement frontalier, le sujet mérite son propre guide : frontalier en Suisse : permis G, impôts, assurance.
Quel permis pour un Français : B, L ou G
Pour un ressortissant UE, le permis est une formalité, mais il faut quand même le demander. C’est en général ton employeur ou toi qui lance la démarche auprès du canton, après ton annonce d’arrivée.
| Permis | Pour qui | Durée | Condition |
|---|---|---|---|
| B (séjour) | Tu habites en Suisse avec un CDI ou un CDD de 12 mois et plus | 5 ans, renouvelable | Contrat de travail (source : SEM) |
| L (courte durée) | Tu habites en Suisse avec un CDD de 3 à 12 mois | Durée du contrat | Contrat de travail |
| G (frontalier) | Tu habites en France et travailles en Suisse | 5 ans si contrat de 12 mois et plus | Retour au domicile au moins 1 fois par semaine |
| Aucun (procédure d’annonce) | Mission de moins de 3 mois | 90 jours max par année civile | Annonce en ligne par l’employeur |
Quelques précisions utiles :
- Le permis B se demande au canton : à Genève, c’est l’OCPM (Office cantonal de la population et des migrations) ; dans le canton de Vaud, le contrôle des habitants de ta commune transmet au Service de la population. Compte quelques semaines pour recevoir le document, mais tu peux commencer à travailler dès ton annonce faite.
- Le coût varie selon les cantons : à Genève, la première demande de permis B ou L pour un adulte UE/AELE coûte CHF 65 (tableau officiel des taxes de l’OCPM). Dans le canton de Vaud, l’émolument est perçu par ta commune de domicile et varie de l’une à l’autre : renseigne-toi auprès de ton contrôle des habitants.
- Sans emploi ? Tu peux quand même obtenir un permis B « sans activité lucrative » si tu prouves des moyens financiers suffisants et une assurance maladie complète (source : SEM). C’est le cas des étudiants et des personnes qui vivent de leurs revenus.
- Le permis n’est pas un contrat de séjour à vie : il se renouvelle, et un chômage prolongé peut limiter le premier renouvellement à un an.
Le détail des quatre permis, avec la démarche exacte à Genève et Vaud, est dans notre guide dédié : permis B, L, C, G : lequel te concerne.
Les 14 premiers jours : t’annoncer à ta commune
C’est LA première démarche une fois arrivé, et elle est encadrée : tu dois t’annoncer dans les 14 jours suivant ton arrivée, et avant ton premier jour de travail (source : ch.ch).
Où aller :
- Genève : à l’OCPM, en ligne ou sur place, avec pièce d’identité, contrat de travail, justificatif de logement (bail, attestation d’hébergement) et une photo.
- Canton de Vaud et les autres cantons romands : au contrôle des habitants de ta commune (Lausanne, Nyon, Morges…), mêmes documents.
Cette annonce déclenche tout le reste : ta demande de permis, ton enregistrement fiscal, ton numéro AVS (l’équivalent du numéro de Sécurité sociale, format 756.XXXX.XXXX.XX) créé via ton employeur. C’est aussi la date officielle de ton arrivée, celle qui fait courir le délai des 3 mois pour l’assurance maladie.
Ne traîne pas : travailler sans s’être annoncé peut valoir une amende, et certaines démarches (banque, bail définitif) demandent une attestation de résidence.
Assurance maladie : le délai de 3 mois qui ne pardonne pas
En Suisse, l’assurance maladie de base (LAMal) est obligatoire pour tout résident, sans exception, et elle ne passe pas par ton employeur. C’est toi qui choisis ta caisse et qui paies ta prime chaque mois, comme un abonnement.
Les règles :
- Tu as 3 mois dès ton arrivée pour t’affilier à une caisse (source : ch.ch).
- L’assurance est rétroactive : peu importe quand tu signes dans ces 3 mois, tu es couvert (et tu paies) depuis ton jour d’arrivée.
- Si tu rates le délai, le canton t’affilie d’office à une caisse (rarement la moins chère) et tu paies quand même rétroactivement.
Côté budget, c’est le poste qui surprend le plus les Français : la prime moyenne suisse 2026 est de CHF 393.30 par mois (source : OFSP, hausse de 4,4 % par rapport à 2025). À Genève, un jeune adulte paie en général entre CHF 450 et 550 par mois pour la base. Oui, par mois, et sans remboursement à 100 % : tu as aussi une franchise annuelle (de CHF 300 à 2 500, à choisir) et une quote-part de 10 % sur les soins.
Trois leviers pour ne pas payer plus que nécessaire :
- Compare les caisses avant de signer. Toutes couvrent exactement les mêmes prestations de base : seule la prime change, parfois de plus de CHF 100 par mois. Le comparateur officiel Priminfo est gratuit et neutre.
- Choisis ta franchise selon ta santé. Jeune et rarement malade ? La franchise à CHF 2 500 réduit fortement la prime.
- Vérifie ton droit au subside. Les cantons réduisent la prime des revenus modestes, et un premier salaire peut y donner droit. À Genève, un jeune de 19 à 25 ans peut toucher CHF 231 par mois, mais il doit en faire la demande. Tout est expliqué dans notre guide du subside d’assurance maladie à Genève.
C’est exactement le genre de choix (caisse, franchise, subside) qu’on t’aide à poser lors d’une séance d’information gratuite. La plupart des jeunes qu’on reçoit économisent plusieurs centaines de francs par an juste sur ce poste. Le fonctionnement complet à l’arrivée est détaillé dans l’assurance maladie quand tu arrives en Suisse.
Frontalier : le droit d’option, un choix (presque) irréversible
Si tu habites en France et travailles en Suisse avec un permis G, tu ne subis pas la LAMal : tu as le droit d’option. Dans les 3 mois suivant ton premier jour de travail, tu choisis entre :
- La LAMal frontalier : l’assurance suisse, version frontalier, qui te couvre des deux côtés de la frontière.
- L’assurance maladie française (le régime frontalier via l’Urssaf, souvent appelé « CMU frontalier ») : tu restes dans le système français, avec une cotisation de 8 % de ton revenu fiscal de référence après un abattement forfaitaire de 25 % du plafond annuel de la Sécurité sociale — plafond fixé à 48 060 € en 2026, soit un abattement de 12 015 € (sources : Urssaf, service-public.gouv.fr).
Deux pièges à connaître absolument :
- Sans choix de ta part dans les 3 mois, tu bascules d’office à la LAMal, avec cotisations rétroactives depuis ton premier jour de travail.
- Le choix est en principe irrévocable tant que ta situation ne change pas (nouveau statut, période sans activité en Suisse, déménagement). Tu ne pourras pas « tester » l’un puis passer à l’autre parce que la cotisation a augmenté.
Lequel choisir ? Ça dépend de ton revenu (la cotisation française est proportionnelle, la prime LAMal est fixe), de ta situation familiale et de l’endroit où tu veux te faire soigner. En 2026, la LAMal frontalier tourne entre CHF 200 et 450 par mois par adulte selon la caisse et la franchise. Un jeune célibataire bien payé a souvent intérêt à la LAMal ; une famille avec un seul revenu, souvent au régime français. C’est un calcul à faire au cas par cas, chiffres en main, et c’est l’un des sujets les plus fréquents de nos séances d’information gratuites. Tout le statut frontalier est détaillé dans notre hub frontalier.
Côté France : impôts, Sécu, ce que tu dois vraiment faire en partant
C’est le grand absent des guides concurrents, et pourtant c’est là que les erreurs coûtent cher.
Les impôts français
- Signale ton départ à ton centre des impôts, le plus simple via la messagerie de ton espace particulier sur impots.gouv.fr, en indiquant ta nouvelle adresse suisse et ta date de départ.
- L’année suivant ton départ, tu déposes une dernière déclaration en France : le formulaire 2042 pour tes revenus du 1er janvier jusqu’à ton départ, plus le formulaire 2042-NR si tu as encore des revenus de source française après le départ (source : impots.gouv.fr). Exemple concret : tu pars en septembre 2026 → au printemps 2027, tu déclares tes salaires français de janvier à septembre 2026.
- Après le départ, si tu gardes des revenus de source française (un appartement loué, par exemple), ton dossier passe au Service des impôts des particuliers non-résidents (SIPNR) et ces revenus restent imposés en France. Ton salaire suisse, lui, est imposé en Suisse : la convention fiscale franco-suisse de 1966 évite la double imposition.
- En Suisse, avec un permis B, ton impôt est directement prélevé sur ton salaire chaque mois : c’est l’impôt à la source. Pas de déclaration à remplir dans la plupart des cas. On explique les taux et les cas particuliers dans notre guide de l’impôt à la source en Suisse.
La Sécurité sociale et le reste
- CPAM : informe ta caisse de ton départ et renvoie ta carte Vitale si tu deviens résident suisse. Ta couverture s’arrête, la LAMal prend le relais.
- Retraite : tes trimestres français ne sont pas perdus. La Suisse et la France coordonnent leurs systèmes ; tes années suisses (AVS + 2e pilier) s’ajouteront à tes trimestres français au moment de la retraite. Rien à faire maintenant, mais garde tes relevés.
- France Travail : si tu étais inscrit, signale ton départ pour éviter un trop-perçu.
- Compte bancaire français : garde-le au moins un an, le temps des derniers prélèvements et régularisations d’impôts.
La douane : ton déménagement passe gratuitement (si tu fais les choses bien)
Tes meubles, ton électroménager, ton vélo, ta voiture : tout ce que tu possèdes peut entrer en Suisse sans droits de douane ni TVA, au titre des « effets de déménagement ». À trois conditions (source : OFDF, l’Office fédéral de la douane) :
- Tu as utilisé ces biens au moins 6 mois avant le déménagement, pour ton usage personnel.
- Tu continues à les utiliser après ton arrivée (ce n’est pas de la marchandise à revendre).
- Tu les importes dans les 2 ans suivant ton changement de domicile.
La démarche : tu remplis le formulaire 18.44 (déclaration pour effets de déménagement, téléchargeable sur le site de l’OFDF), avec un inventaire de ce que tu transportes, et tu passes par un bureau de douane occupé, pendant ses heures d’ouverture. Pas par une petite douane fermée à 17h. Prévois ton passage un jour ouvrable, avec ton contrat de travail ou de bail comme preuve du déménagement.
Ta voiture suit la même règle, avec une étape en plus : tu peux rouler avec tes plaques françaises au début, mais tu dois demander l’immatriculation suisse dans les 12 mois suivant ton arrivée auprès du service cantonal des véhicules (avec contrôle technique suisse à la clé). Ton permis de conduire français, lui, s’échange contre un permis suisse dans le même délai de 12 mois, simple formalité, sans examen.
Attention aux limites classiques : l’alcool et le tabac en grande quantité ne passent pas en franchise, même dans un carton de déménagement.
Banque, salaire, budget : tes premières semaines d’argent suisse
Le compte bancaire. Indispensable pour recevoir ton salaire, et facile à ouvrir une fois ton annonce d’arrivée faite (les banques demandent en général une pièce d’identité et ton permis ou son récépissé). Tu as le choix entre banques traditionnelles (UBS, banques cantonales, Raiffeisen, avec quelques francs de frais mensuels) et néobanques suisses, souvent gratuites. Si tu gardes des liens financiers avec la France, regarde les frais de change CHF/EUR : c’est un poste invisible qui peut coûter cher.
Le salaire. Les montants suisses impressionnent, mais compare ce qui est comparable : environ 13 à 18 % de cotisations sociales partent du brut (AVS, chômage, prévoyance professionnelle, accidents…), puis l’impôt à la source, puis surtout un coût de la vie nettement plus élevé, à commencer par l’assurance maladie que tu paies de ta poche. Pour comprendre ta future fiche de paie ligne par ligne : calculer ton salaire net en Suisse. Et si tu négocies ton contrat à Genève, sache que le canton a un salaire minimum légal : CHF 24.59 de l’heure en 2026, soit environ CHF 4 475 par mois. Les détails sont dans notre article sur le salaire minimum en Suisse.
Le budget du premier mois. Prévois une réserve sérieuse avant de partir : garantie de loyer (2-3 mois de loyer bloqués), premier loyer, prime d’assurance maladie, caution éventuelle et les frais du déménagement lui-même. Pour un installé à Genève, une réserve de CHF 8 000 à 12 000 évite de commencer sa vie suisse à découvert, d’autant que les découverts bancaires ne sont pas dans la culture locale.
En famille ?
Tu ne pars pas seul ? La libre circulation couvre aussi ton conjoint et tes enfants : chacun reçoit son propre permis et fait sa propre annonce d’arrivée. Pour l’école, la crèche, les allocations familiales et les subsides famille, on a écrit un guide à part : s’installer en Suisse en famille (avec des enfants).
S’installer en Suisse avec un titre de séjour français (sans passeport français)
C’est une question qu’on nous pose souvent, et la réponse surprend : un titre de séjour français ne donne aucun droit en Suisse. La libre circulation dépend de ta nationalité, pas de ton pays de résidence.
Concrètement, si tu es par exemple Marocain, Algérien ou Sénégalais avec une carte de séjour française (même une carte de résident de 10 ans, même le statut de résident longue durée-UE) :
- Tu ne peux pas t’installer en Suisse comme un Français. La Suisse n’est pas membre de l’UE, et le statut de résident longue durée-UE ne s’y applique pas.
- Pour venir travailler en Suisse, tu passes par la procédure des États tiers : ton futur employeur doit démontrer qu’il n’a trouvé aucun candidat suisse ou européen pour le poste, et le permis est pris sur un contingent annuel limité. En pratique, c’est réservé aux profils très qualifiés (source : SEM).
- Exception importante : si tu es marié à un ou une Française qui s’installe en Suisse, tu peux venir avec elle au titre du regroupement familial (voir la section famille) : c’est le droit de ton conjoint européen qui t’ouvre la porte.
- Cas frontalier : un ressortissant d’État tiers peut obtenir un permis G s’il détient un droit de séjour durable dans un pays voisin de la Suisse et réside depuis au moins 6 mois dans la zone frontalière voisine ; son emploi doit lui aussi se situer dans la zone frontalière suisse, et l’employeur reste soumis à la priorité des travailleurs indigènes (art. 25 LEI ; démarche détaillée sur vd.ch pour le canton de Vaud).
Si tu es dans ce cas, ne monte pas ton projet sur le modèle « français » des blogs : les règles, les délais et les chances d’aboutir sont radicalement différents.
Ta checklist : de J-90 à J+90
J-90 à J-30 (encore en France)
- Contrat de travail signé
- Logement trouvé (même temporaire) + garantie de loyer provisionnée
- Préavis du logement français posé
- Acte de naissance et documents rassemblés
- Reconnaissance de diplôme lancée si métier réglementé
- Inscription crèche si enfants en bas âge
J-30 à J0 (le départ)
- Formulaire 18.44 rempli + inventaire du déménagement
- Passage de douane planifié (bureau occupé, heures d’ouverture)
- CPAM et France Travail informés
- Suivi de courrier activé, contrats français résiliés
J0 à J+14 (l’arrivée)
- Annonce d’arrivée à la commune / OCPM, avant le premier jour de travail
- Demande de permis B (ou G) lancée
- Compte bancaire suisse ouvert
J+14 à J+90
- Caisses maladie comparées sur Priminfo, LAMal souscrite (délai : 3 mois)
- Frontalier : droit d’option exercé (délai : 3 mois, choix définitif)
- Départ signalé au fisc français
- Demande de subside d’assurance maladie déposée si éligible
- Voiture : dossier d’immatriculation suisse préparé (délai : 12 mois)
- Année suivante : dernière déclaration française (2042 + 2042-NR)
Les 3 erreurs qu’on voit le plus souvent chez les nouveaux arrivants
Sur les quelque 300 jeunes qu’on accompagne chaque mois en Suisse romande, les nouveaux arrivants français font presque toujours les mêmes erreurs :
- Signer la première caisse maladie venue (ou attendre l’affiliation d’office). Entre la caisse la plus chère et la moins chère de ton canton, l’écart dépasse CHF 1 000 par an pour exactement les mêmes prestations de base.
- Ignorer les subsides. Beaucoup pensent que « ça ne les concerne pas » avec un salaire suisse. Faux : à Genève, une personne seule peut toucher un subside jusqu’à CHF 50 000 de revenu déterminant, et un premier salaire, une année incomplète ou un temps partiel passent souvent sous les seuils.
- Rater un délai à trois mois. LAMal pour les résidents, droit d’option pour les frontaliers : ces deux délais tombent en plein dans la période où tu gères le déménagement, le nouveau job et le logement. Mets une alarme le jour de ton arrivée.
Tu veux vérifier ta situation plutôt que de croiser les doigts ? On fait le point ensemble (caisse, franchise, subsides, budget) lors d’une séance d’information gratuite. C’est concret, ça dure une heure, et tu repars avec tes chiffres à toi.
FAQ : s’installer en Suisse quand on est Français
Un Français a-t-il besoin d’un visa pour s’installer en Suisse ?
Non, un Français n’a besoin d’aucun visa pour entrer, vivre et travailler en Suisse. Selon le SEM (Secrétariat d’État aux migrations), l’accord sur la libre circulation des personnes entre la Suisse et l’UE donne aux ressortissants français un droit d’entrée avec une simple carte d’identité et un droit de séjour dès qu’ils exercent une activité professionnelle. Il faut en revanche accomplir deux formalités sur place : s’annoncer à sa commune d’arrivée dans les 14 jours (et avant le premier jour de travail), puis demander son permis de séjour au canton. Ce permis ne peut pas être refusé si les conditions sont remplies, contrairement aux ressortissants d’États hors UE qui dépendent de contingents annuels. Un Français peut aussi venir sans emploi pour chercher du travail sur place, jusqu’à trois mois sans permis, à condition de subvenir à ses besoins pendant cette période.
Quel permis de travail pour un Français en Suisse ?
Tout dépend de la durée du contrat et du lieu de résidence. Selon le SEM, un Français qui habite en Suisse reçoit un permis B (valable 5 ans, renouvelable) avec un CDI ou un CDD d’au moins 12 mois, et un permis L (courte durée) pour un contrat de 3 à 12 mois. Celui qui garde son domicile en France et traverse la frontière pour travailler reçoit un permis G de frontalier, valable 5 ans si le contrat dépasse 12 mois, à condition de rentrer à son domicile au moins une fois par semaine. Pour une mission de moins de 3 mois, aucun permis n’est nécessaire : l’employeur fait une simple annonce en ligne, dans la limite de 90 jours par année civile. La demande de permis se fait auprès du canton (OCPM à Genève, contrôle des habitants dans le canton de Vaud) et coûte en général moins de CHF 100.
Quel est le délai pour prendre une assurance maladie en arrivant en Suisse ?
Trois mois à compter de l’arrivée, et l’assurance prend effet rétroactivement au jour d’installation. Selon ch.ch, le portail officiel suisse, toute personne domiciliée en Suisse doit s’affilier à l’assurance maladie de base (LAMal) dans les 3 mois suivant sa prise de domicile ; les primes sont dues depuis le jour d’arrivée, même si le contrat est signé au dernier moment. Passé ce délai, le canton affilie d’office le retardataire à une caisse, rarement la moins chère, avec paiement rétroactif des primes. En 2026, la prime moyenne suisse s’élève à CHF 393.30 par mois selon l’OFSP, et un jeune adulte paie entre CHF 450 et 550 à Genève. Toutes les caisses offrant les mêmes prestations de base, comparer les primes avant de signer (par exemple sur le comparateur officiel Priminfo) reste le moyen le plus simple d’économiser plusieurs centaines de francs par an.
Un Français peut-il garder la Sécurité sociale française en travaillant en Suisse ?
Uniquement s’il reste domicilié en France comme frontalier ; un résident en Suisse bascule obligatoirement dans le système suisse. Le frontalier dispose d’un droit d’option : dans les 3 mois suivant son premier jour de travail en Suisse, il choisit entre la LAMal frontalier et le régime français d’assurance maladie, géré par l’Urssaf, dont la cotisation atteint 8 % du revenu fiscal de référence après un abattement forfaitaire. Ce choix est en principe irrévocable tant que la situation ne change pas (perte d’emploi, déménagement, nouveau statut). Sans choix exprimé dans les 3 mois, l’affiliation à la LAMal devient automatique, avec effet rétroactif. Celui qui s’installe en Suisse, en revanche, sort du régime français : il informe sa CPAM de son départ et s’affilie à la LAMal dans les 3 mois. Ses trimestres de retraite français restent acquis et se coordonnent avec l’AVS suisse.
Quels impôts paie un Français installé en Suisse ?
Un Français résident en Suisse paie ses impôts en Suisse sur son salaire, et la convention fiscale franco-suisse de 1966 empêche la double imposition. Concrètement, avec un permis B, l’impôt est prélevé à la source : l’employeur le déduit chaque mois du salaire, et il n’y a pas de déclaration à remplir dans la plupart des situations. Côté français, selon impots.gouv.fr, il faut signaler son départ à son centre des impôts, puis déposer l’année suivante une dernière déclaration : le formulaire 2042 pour les revenus perçus du 1er janvier à la date du départ, complété du formulaire 2042-NR en cas de revenus de source française perçus après le départ. Ceux qui conservent des revenus français (un bien immobilier loué, par exemple) restent imposés en France sur ces seuls revenus, avec un dossier géré par le Service des impôts des particuliers non-résidents.
Peut-on s’installer en Suisse avec un titre de séjour français sans être Français ?
Non, un titre de séjour français ne donne aucun droit d’installation en Suisse : la libre circulation dépend de la nationalité, pas du pays de résidence. Selon le SEM, un ressortissant d’un État hors UE/AELE, même titulaire d’une carte de résident française de 10 ans ou du statut de résident longue durée-UE, relève de la procédure des États tiers : son futur employeur suisse doit prouver qu’aucun candidat suisse ou européen ne pouvait occuper le poste, et l’autorisation est prélevée sur un contingent annuel limité, en pratique réservé aux profils hautement qualifiés. Deux exceptions existent : le conjoint d’un ressortissant français qui s’installe en Suisse peut l’accompagner au titre du regroupement familial, et un permis G de frontalier reste possible après une résidence durable en zone frontalière française, l’employeur restant soumis à la priorité des travailleurs indigènes.
Peut-on amener sa voiture et ses meubles en Suisse sans payer de douane ?
Oui, les effets de déménagement entrent en Suisse en franchise de droits de douane et de TVA, à condition de respecter la procédure. Selon l’OFDF (Office fédéral de la douane et de la sécurité des frontières), les biens doivent avoir servi à un usage personnel pendant au moins 6 mois avant le déménagement, continuer à être utilisés après l’arrivée, et être importés dans les 2 ans suivant le transfert de domicile. La déclaration se fait avec le formulaire 18.44, accompagné d’un inventaire, en passant par un bureau de douane occupé pendant ses heures d’ouverture. La voiture bénéficie de la même franchise, mais doit recevoir des plaques suisses dans les 12 mois suivant l’arrivée, après contrôle auprès du service cantonal des véhicules. Le permis de conduire français s’échange contre un permis suisse dans le même délai, sans repasser d’examen. L’alcool et le tabac en quantité ne sont pas couverts par la franchise.
Dernière mise à jour : juillet 2026. Sources : SEM (sem.admin.ch), ch.ch, OFSP (bag.admin.ch), OFDF (bazg.admin.ch), OFAS, impots.gouv.fr, Urssaf. Les montants de primes et barèmes sont ceux de l’année 2026 et sont revus chaque année.
Tu arrives en Suisse dans les prochains mois ? Pose tes questions lors d’une séance d’information gratuite : on regarde ensemble ta caisse maladie, ta franchise, tes droits aux subsides et ton budget d’installation. Environ 300 jeunes nous font confiance chaque mois en Suisse romande.
Conseil Jeunes, c’est aussi sur TikTok : des repères sur ton argent et tes droits, en format court. Suivre @conseiljeunes



