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S’installer en Suisse en famille : le guide 2026 quand tu arrives avec des enfants

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Nora De Pontes

Nora De Pontes, fondatrice de Conseil Jeunes, informe les jeunes actifs de Suisse romande sur leurs droits et leur argent : salaire, cotisations, impôts et aides. Nos contenus sont relus par des conseillers en prévoyance et en fiscalité.

Publié le 23 juillet 2026 · Mis à jour le 17 août 2026

Rédigé par l’équipe de Conseil Jeunes, qui accompagne environ 300 jeunes par mois dans leurs démarches d’installation et d’assurance maladie en Suisse romande.

S’installer en Suisse avec des enfants, c’est faisable, et plutôt bien organisé une fois qu’on connaît les règles : l’école publique est gratuite et obligatoire dès 4 ans, chaque enfant donne droit à une allocation familiale d’au moins CHF 215 par mois, et le regroupement familial permet à ton conjoint et tes enfants de venir avec toi, même s’ils n’ont pas de passeport européen. Mais une installation en famille multiplie aussi les démarches : chaque membre du foyer doit s’annoncer à la commune, chaque tête doit avoir sa propre assurance maladie dans les 3 mois, et la place en crèche se réserve des mois à l’avance.

Ce guide couvre tout ce qui change quand tu n’arrives pas seul : le regroupement familial, l’école, la crèche, les allocations familiales canton par canton, l’assurance maladie des enfants et les subsides, le congé maternité. Avec les chiffres 2026 vérifiés aux sources officielles (OFAS, OFSP, SEM, cantons). Pour les démarches de base valables pour tout le monde (annonce d’arrivée, permis, banque, douane), passe d’abord par notre guide complet pour s’installer en Suisse : ici, on se concentre sur la partie famille.

Un déménagement en famille, c’est aussi le moment où les mauvais réglages coûtent le plus cher (caisse maladie, subsides oubliés, allocations jamais demandées). Si tu veux poser tes chiffres à toi plutôt que des moyennes, on fait le point ensemble lors d’une séance d’information gratuite.

L’essentiel en 30 secondes

  • Regroupement familial : ton conjoint et tes enfants de moins de 21 ans peuvent venir avec toi si tu es citoyen UE/AELE avec un permis, même si eux ne sont pas européens (source : SEM).
  • Chaque membre de la famille s’annonce à la commune dans les 14 jours et reçoit son propre permis.
  • École : obligatoire dès 4 ans, gratuite à l’école publique, 11 ans de scolarité (source : Confédération).
  • Crèche : tarif calculé sur le revenu des parents, de CHF 110 à plus de CHF 1 900 par mois pour un plein temps en Ville de Genève. Listes d’attente longues : inscris-toi avant d’arriver.
  • Allocations familiales 2026 : minimum CHF 215 par enfant et par mois, CHF 311 à Genève, CHF 322 dans le canton de Vaud (source : OFAS). Versées via l’employeur, sur demande.
  • Assurance maladie : chaque enfant doit avoir sa propre LAMal dans les 3 mois. Prime moyenne enfant 2026 : CHF 122.50 par mois (source : OFSP).
  • Subsides : les familles y ont droit bien plus haut dans l’échelle des revenus qu’une personne seule. C’est le levier d’économie n°1.
  • Congé maternité : 14 semaines à 80 % du salaire, plafonné à CHF 220 par jour (source : OFAS).

Le regroupement familial : qui peut venir avec toi

Si tu es citoyen d’un pays de l’UE ou de l’AELE et que tu obtiens un permis de séjour en Suisse (L ou B), l’accord sur la libre circulation des personnes (ALCP) te donne le droit de faire venir ta famille. Ce n’est pas une faveur du canton : si les conditions sont remplies, le droit existe.

Qui est couvert (source : SEM et OCPM, ge.ch) :

  • Ton conjoint ou partenaire enregistré, quelle que soit sa nationalité. Un Portugais marié à une Colombienne, une Allemande mariée à un Tunisien : le conjoint d’un citoyen UE/AELE reçoit un permis au titre du regroupement, même s’il vient d’un État tiers.
  • Tes enfants et ceux de ton conjoint de moins de 21 ans, ou plus âgés s’ils restent à ta charge.
  • Tes parents, beaux-parents ou grands-parents à charge, si tu subviens à leurs besoins (sauf si tu es étudiant : dans ce cas, le droit se limite au conjoint et aux enfants à charge).

Les conditions : un logement « approprié », c’est-à-dire assez grand pour la famille (la règle d’usage dans les cantons : un nombre de pièces au moins égal au nombre de personnes moins un), et des moyens financiers suffisants pour ne pas dépendre de l’aide sociale si tu ne travailles pas. Contrairement au regroupement des ressortissants d’États tiers, il n’y a aucun délai à respecter : la famille peut venir en même temps que toi ou des années plus tard.

La démarche : chaque membre de la famille fait sa propre annonce d’arrivée et reçoit son propre permis. À Genève, tout passe par l’OCPM (en ligne ou par courrier) avec pièces d’identité, acte de mariage, actes de naissance des enfants (traduits si nécessaire), preuve du logement et justificatifs financiers. Dans le canton de Vaud, l’annonce se fait au contrôle des habitants de ta commune. Prépare ces documents d’état civil avant de quitter ton pays : les obtenir à distance prend des semaines.

Bon à savoir : le conjoint arrivé par regroupement familial a le droit de travailler en Suisse, sans qu’aucun employeur n’ait de démarche à faire. C’est un vrai atout pour un couple : pendant que l’un commence son contrat, l’autre peut chercher librement. Si son métier est réglementé (santé, enseignement, social), lance la reconnaissance du diplôme avant le départ, la procédure prend plusieurs mois.

Et si tu n’es pas citoyen UE/AELE ? Le regroupement familial existe aussi, mais selon la loi sur les étrangers (LEI) : délais à respecter, conditions plus strictes, et ton propre permis dépend d’une procédure d’autorisation avec contingents. Le fonctionnement des permis est détaillé dans notre guide des permis de travail en Suisse. Et si tu es Français, le parcours complet côté France (impôts, CPAM, douane) est dans notre guide du Français qui s’installe en Suisse.

Les démarches en famille, dans l’ordre

L’installation famille suit la même colonne vertébrale que l’installation solo, avec des étapes en plus. Dans l’ordre :

Avant le départ (2 à 3 mois avant)

  • Contrat de travail signé : c’est lui qui déclenche le droit au séjour et au regroupement.
  • Logement assez grand trouvé, au moins temporaire (règle : pièces = personnes moins un).
  • Actes de naissance, acte de mariage, carnets de vaccination et dossiers scolaires rassemblés (avec traductions si nécessaires).
  • Inscription en crèche lancée à distance si tu as un enfant en bas âge : les listes d’attente se comptent en mois.
  • Reconnaissance du diplôme du conjoint lancée si métier réglementé.

À l’arrivée (14 premiers jours)

  • Annonce d’arrivée de chaque membre de la famille à la commune (OCPM à Genève, contrôle des habitants dans le canton de Vaud), avant le premier jour de travail.
  • Demandes de permis lancées pour tous.
  • Inscription des enfants à l’école (elle peut se faire toute l’année, l’enfant est scolarisé rapidement).

Dans les 3 mois

  • Une assurance maladie LAMal souscrite pour chaque membre de la famille, bébés compris.
  • Allocations familiales demandées via l’employeur.
  • Demande de subside d’assurance maladie déposée si vos revenus y donnent droit (et pour une famille, ils y donnent droit plus souvent qu’on croit).

L’école : gratuite, obligatoire dès 4 ans, ouverte aux enfants qui ne parlent pas français

Bonne nouvelle pour ton budget : en Suisse, l’école publique ne coûte rien, et elle est de bon niveau. La scolarité obligatoire dure 11 ans et commence à 4 ans (source : Confédération). Concrètement, dans les cantons romands, un enfant qui a 4 ans révolus au 31 juillet entre à l’école en août de la même année (règle appliquée notamment dans le canton de Vaud, source : vd.ch). Pas d’école à la carte : dès 4 ans, ton enfant doit y aller.

Comment inscrire ton enfant :

  • Canton de Vaud : l’inscription se fait auprès de l’établissement scolaire de ton lieu de domicile (chaque adresse dépend d’une « aire de recrutement »). Apporte les documents qui racontent le parcours de l’élève : bulletins, certificats de l’école précédente (source : vd.ch).
  • Genève : l’inscription passe par le canton (département de l’instruction publique), une fois ton annonce d’arrivée faite à l’OCPM.
  • Une arrivée en cours d’année scolaire n’est pas un problème : l’enfant est intégré dans une classe selon son âge et son dossier, et le placement peut être ajusté les premiers mois.

Ton enfant ne parle pas français ? C’est prévu. Les cantons romands ont des dispositifs d’accueil pour les élèves allophones : cours intensifs de français, classes ou structures d’accueil selon l’âge et le canton, puis intégration progressive en classe ordinaire (source : vd.ch). Des milliers d’enfants arrivent chaque année dans ce cas ; les écoles ont l’habitude.

Et l’école privée ? Elle existe (écoles privées bilingues, écoles internationales), mais elle se paie au prix fort, plusieurs milliers de francs par an au minimum. Pour la plupart des familles qui s’installent, l’école publique est le choix par défaut, et honnêtement un bon choix : c’est aussi le canal d’intégration le plus rapide pour l’enfant comme pour les parents.

La crèche : le poste de budget qui surprend le plus les parents

Avant l’école à 4 ans, il faut faire garder les petits, et c’est LE sujet qui stresse les familles qui arrivent. À juste titre, pour deux raisons : le prix et les listes d’attente.

Le prix dépend de ton revenu. Dans les crèches subventionnées, le tarif est calculé sur le revenu des parents, sur la base de ton avis de taxation. En Ville de Genève, un accueil à plein temps (5 jours par semaine, 10 heures par jour) va d’environ CHF 110 par mois pour les revenus les plus bas à un maximum d’environ CHF 1 908 par mois pour les hauts revenus (tabelle officielle de la Ville de Genève). À Lausanne, même logique : le tarif du Réseau-L est calculé sur le revenu brut du ménage, avec un simulateur en ligne sur lausanne.ch pour estimer ton prix. En crèche privée non subventionnée, compte plutôt CHF 100 à 130 par jour.

Les listes d’attente se comptent en mois. C’est le piège classique du nouvel arrivant : chercher une place une fois sur place, et découvrir qu’il n’y en a pas avant l’année prochaine. Le bon réflexe : inscris-toi dès que ton arrivée est certaine, même sans adresse définitive dans la commune (tu ajusteras). À Genève, l’inscription passe par le Bureau d’information petite enfance (BIPE) ; à Lausanne, par le Réseau-L.

Les plans B qui sauvent des familles : l’accueil familial de jour (les « mamans de jour », un cadre officiel et aussi tarifé au revenu), la crèche à temps partiel combinée avec du télétravail ou des horaires décalés, et pour certains, un grand-parent qui prolonge son séjour. Beaucoup de familles panachent.

Le coin optimisation : à Genève, les frais de garde se déduisent des impôts jusqu’à CHF 25 000 par enfant et par an (source : Ville de Genève). Garde toutes les attestations de frais de garde. Et si un des deux parents réduit son taux d’activité, refais le calcul complet : entre le tarif de crèche qui baisse avec le revenu, les impôts et les subsides d’assurance maladie, un 80 % peut rapporter presque autant qu’un 100 %.

Les allocations familiales 2026 : de CHF 215 à plus de CHF 400 par enfant et par mois

C’est l’aide la plus directe pour une famille, et beaucoup de nouveaux arrivants ne la demandent pas parce qu’ils ne savent pas qu’elle existe : en Suisse, chaque enfant donne droit à une allocation familiale mensuelle, versée en général avec ton salaire.

Deux règles fédérales à connaître (source : OFAS) :

  • Le minimum légal est de CHF 215 par mois et par enfant jusqu’à 16 ans, puis CHF 268 pour un jeune de 16 à 25 ans en formation (études, apprentissage).
  • Ce n’est pas automatique : c’est à toi de faire la demande, via ton employeur, qui la transmet à sa caisse d’allocations familiales. Signale ta situation familiale dès l’embauche, et réclame l’effet rétroactif si tu t’y prends tard (le droit peut être versé rétroactivement, en général sur 5 ans au maximum).

Les cantons sont libres de faire mieux que le minimum, et les cantons romands le font presque tous. Voici les montants 2026, vérifiés dans le tableau officiel de l’OFAS (état au 1er janvier 2026) :

CantonAllocation enfant (par mois)Allocation formation (par mois)Allocation de naissance (unique)
GenèveCHF 311 (411 dès le 3e enfant)CHF 415 (515 dès le 3e)CHF 2 073
VaudCHF 322 (365 dès le 3e enfant)CHF 425 (468 dès le 3e)CHF 1 617
ValaisCHF 327 (435 dès le 3e enfant)CHF 477 (585 dès le 3e)CHF 2 142
FribourgCHF 265 (285 dès le 3e enfant)CHF 325 (345 dès le 3e)CHF 1 500
NeuchâtelCHF 240 (270 dès le 3e enfant)CHF 320 (350 dès le 3e)CHF 1 200
JuraCHF 275CHF 325CHF 1 500
Minimum fédéralCHF 215CHF 268(pas d’allocation fédérale)

Et avec 3 enfants ? Les cantons romands augmentent l’allocation à partir du troisième enfant. Une famille avec 3 enfants de moins de 16 ans touche ainsi CHF 1 033 par mois à Genève (311 + 311 + 411) et CHF 1 009 dans le canton de Vaud (322 + 322 + 365). Plus de CHF 12 000 par an : dans un budget familial, ce n’est pas un détail.

L’allocation de naissance est un versement unique, à demander pour chaque naissance (et elle est doublée ou majorée en cas de jumeaux dans plusieurs cantons). Si ton enfant naît après votre installation, pense-y : à Genève, ce sont CHF 2 073 qui ne tombent que si on les demande.

Un seul parent touche l’allocation par enfant (pas de cumul si les deux travaillent), avec un ordre de priorité légal. Et si tu es frontalier qui travaille en Suisse mais habite en France, tu as en principe aussi droit aux allocations suisses, avec un mécanisme de coordination européen : le fonctionnement est expliqué dans notre guide du frontalier.

Allocations, subsides, barème d’impôt : une famille qui arrive laisse facilement plusieurs centaines de francs par mois sur la table sans le savoir. Viens vérifier ce à quoi ta famille a droit lors d’une séance d’information gratuite : on passe la liste complète, avec tes chiffres.

L’assurance maladie de ta famille : chaque tête compte, et les subsides changent tout

En Suisse, il n’existe pas de « mutuelle familiale » qui couvre tout le foyer : chaque membre de la famille doit avoir son propre contrat d’assurance maladie de base (LAMal), du nouveau-né à l’adulte. Chacun paie sa prime, chacun peut être dans une caisse différente.

Les règles pour une famille qui arrive :

  • 3 mois pour s’affilier, chacun : le délai court dès la prise de domicile, et la couverture (comme les primes) est rétroactive au jour d’arrivée (source : ch.ch). Rater le délai = affiliation d’office par le canton, rarement dans une caisse avantageuse.
  • Un bébé qui naît en Suisse doit être assuré dans les 3 mois suivant sa naissance, avec couverture rétroactive au premier jour de vie. Le réflexe malin : annoncer l’enfant à la caisse avant la naissance, ça évite toute mauvaise surprise si le bébé a besoin de soins dès le départ.
  • Les primes des enfants sont réduites : la prime moyenne suisse 2026 d’un enfant est de CHF 122.50 par mois, contre CHF 465.30 pour un adulte (source : OFSP, primes 2026). Pour une famille de quatre, la facture moyenne dépasse donc CHF 1 100 par mois avant optimisation. Oui, ça pique : c’est le poste que les familles sous-estiment le plus en préparant leur budget.
  • Les enfants n’ont pas de franchise obligatoire : tu peux choisir une franchise à CHF 0 pour eux (la quote-part de 10 % reste), alors qu’un adulte a au minimum CHF 300 de franchise annuelle.

La bonne nouvelle, c’est que ce poste se travaille, et pour une famille les leviers sont puissants :

  1. Compare les caisses pour chaque membre. Les prestations de base sont identiques partout, seule la prime change. Rien n’oblige les parents et les enfants à être dans la même caisse.
  2. Demande les subsides. C’est LE point que les familles ratent : les seuils de revenu qui donnent droit à une réduction de prime sont beaucoup plus hauts pour une famille que pour une personne seule. À Genève, chaque enfant à charge relève les limites de revenu, et chaque enfant reçoit son propre subside de CHF 132 par mois (source : ge.ch). Dans le canton de Vaud, un enfant donne droit à un subside dès que le revenu déterminant du ménage passe sous les seuils, et un mécanisme complémentaire plafonne le total de vos primes à 10 % du revenu du ménage : dans l’exemple officiel de l’OVAM, une famille lausannoise de quatre personnes avec CHF 76 000 de revenu déterminant reçoit CHF 8 300 de subsides par an (source : notice OVAM, subsides 2026). Une famille avec un seul salaire ou un salaire moyen a très souvent droit à quelque chose.
  3. Ajuste les franchises intelligemment : franchise haute pour les adultes en bonne santé, CHF 0 pour les enfants.

Le fonctionnement complet à l’arrivée (délais, choix de caisse, pièges) est détaillé dans notre guide de l’assurance maladie quand tu arrives en Suisse, et le système de subsides genevois dans notre guide du subside d’assurance maladie à Genève.

C’est exactement le calcul qu’on fait avec les familles en séance d’information gratuite : caisse par caisse, tête par tête, subsides compris. Sur quatre contrats, l’écart entre un réglage par défaut et un réglage optimisé se chiffre en milliers de francs par an.

Congé maternité et congé de l’autre parent : ce que prévoit la Suisse

Si votre famille va s’agrandir après l’installation, voici ce que prévoit le droit suisse (régime des APG, source : OFAS) :

  • Congé maternité : 14 semaines (98 jours) indemnisées à 80 % du revenu moyen d’avant l’accouchement, avec un plafond de CHF 220 par jour. Le plafond est atteint dès environ CHF 8 250 de salaire mensuel : au-delà, l’allocation ne monte plus.
  • Conditions : avoir été assurée à l’AVS (donc en Suisse ou dans un régime coordonné) durant les 9 mois précédant l’accouchement et avoir travaillé au moins 5 mois pendant la grossesse. Les périodes d’assurance dans un pays de l’UE/AELE comptent dans ce calcul : une arrivée en cours de grossesse ne te prive donc pas forcément du droit.
  • Congé de l’autre parent : 2 semaines (10 jours à prendre dans les 6 mois), indemnisées au même tarif de 80 % plafonné à CHF 220 par jour.
  • Il n’y a pas de congé parental fédéral en plus de ces congés. Certaines entreprises et conventions collectives offrent davantage : regarde ton contrat, c’est un vrai critère de choix d’employeur quand on a des projets de famille.

Venant de France ou d’ailleurs en Europe, tu trouveras ces durées courtes. C’est un point à anticiper concrètement : place en crèche dès la fin du congé (encore elle), taux d’activité des deux parents, et l’allocation de naissance cantonale à demander (voir le tableau des allocations plus haut).

Le budget famille : ce qui sort et ce qui rentre chaque mois

Pour t’aider à cadrer, voici les postes propres à une famille de deux adultes et deux enfants qui s’installe à Genève ou Lausanne, avec les chiffres officiels 2026 :

PosteCombienLevier
Assurance maladie (4 contrats)~CHF 1 175 par mois en moyenne (2 × 465.30 + 2 × 122.50, OFSP)Comparer les caisses, franchises adaptées, subsides
Crèche (1 enfant, plein temps subventionné)CHF 110 à 1 908 par mois selon revenu (Ville de Genève)S’inscrire tôt, temps partiel, accueil familial, déduction fiscale
École publiqueCHF 0(fournitures et repas en sus)
Allocations familiales (2 enfants)+ CHF 622 à Genève, + CHF 644 dans le canton de Vaud, par moisÀ demander via l’employeur, pas automatique
Subsides d’assurance maladie0 à plusieurs centaines de francs par mois selon revenuÀ demander au canton, jamais automatique

Le loyer reste évidemment le plus gros poste : pour un logement familial à Genève ou Lausanne, prépare un dossier solide et de la patience, le marché est tendu. Et pour savoir ce qui restera vraiment de ton salaire une fois cotisations et impôt à la source déduits, utilise notre guide pour calculer ton salaire net en Suisse.

Les 4 erreurs classiques des familles qui arrivent

Sur les quelque 300 jeunes qu’on accompagne chaque mois, voici ce qu’on voit revenir chez ceux qui arrivent en famille :

  1. Chercher la crèche en arrivant. Résultat : six mois à bricoler des solutions de garde. L’inscription se fait à distance, avant le déménagement.
  2. Ne jamais demander les allocations familiales. Elles passent par l’employeur et beaucoup de nouveaux arrivants attendent un versement automatique qui ne viendra pas. À Genève, ce sont CHF 311 par mois et par enfant qui dorment.
  3. Prendre la même caisse maladie pour tout le monde, sans comparer. Quatre contrats copiés-collés sur une caisse chère, c’est l’erreur la plus coûteuse. Chaque tête se compare séparément.
  4. Croire que les subsides, « c’est pas pour nous ». Les barèmes familles montent bien plus haut que les gens ne l’imaginent. Une famille avec un seul salaire suisse passe très souvent sous les seuils. Ça se vérifie en dix minutes, chaque année.

Tu prépares ton installation en famille ? Viens poser ton cas lors d’une séance d’information gratuite : caisse maladie de chaque membre, subsides, allocations, budget. Tu repars avec ta liste de démarches et tes chiffres à toi.

FAQ : s’installer en Suisse en famille

Quelles sont les démarches pour s’installer en Suisse avec des enfants ?

Les démarches clés sont au nombre de quatre : annoncer chaque membre de la famille à la commune dans les 14 jours suivant l’arrivée, souscrire une assurance maladie LAMal pour chacun (enfants compris) dans les 3 mois, inscrire les enfants à l’école ou en crèche, et demander les allocations familiales via l’employeur. Selon le SEM, le regroupement familial permet au conjoint et aux enfants de moins de 21 ans d’un citoyen UE/AELE de s’installer avec lui, à condition de disposer d’un logement approprié. L’école publique est gratuite et obligatoire dès 4 ans, tandis que la place en crèche doit se réserver des mois à l’avance. Aucune de ces prestations n’est automatique : allocations familiales et subsides d’assurance maladie doivent être demandés, sans quoi ils ne sont simplement pas versés. L’ordre compte : contrat de travail, logement familial, annonce d’arrivée, puis assurances et aides dans les 3 mois.

Mon conjoint non européen peut-il s’installer en Suisse avec moi ?

Oui, si tu es citoyen d’un pays UE/AELE avec un permis de séjour suisse, ton conjoint peut te rejoindre quelle que soit sa nationalité. Selon le SEM, l’accord sur la libre circulation des personnes couvre le conjoint, les enfants de moins de 21 ans (ou plus âgés s’ils sont à charge) et même les parents à charge, sans condition de nationalité pour ces membres de la famille. Les conditions portent sur toi : un logement assez grand pour la famille et, si tu n’exerces pas d’activité, des moyens financiers suffisants. Le conjoint reçoit son propre permis au titre du regroupement familial et a le droit de travailler en Suisse sans démarche supplémentaire de l’employeur. Chaque membre de la famille fait sa propre annonce d’arrivée auprès de la commune ou du canton (l’OCPM à Genève). La règle est différente si toi-même tu n’es pas citoyen UE/AELE : le regroupement suit alors la loi sur les étrangers, avec des conditions et des délais plus stricts.

L’école est-elle gratuite en Suisse pour les enfants de nouveaux arrivants ?

Oui, l’école publique est gratuite pour tous les enfants qui habitent en Suisse, quelle que soit leur nationalité ou la date de leur arrivée. Selon la Confédération, la scolarité obligatoire dure 11 ans et commence à 4 ans : dans le canton de Vaud, un enfant qui a 4 ans révolus au 31 juillet entre à l’école en août (source : vd.ch). L’inscription se fait auprès de l’établissement scolaire du lieu de domicile dans le canton de Vaud, et via le département de l’instruction publique à Genève, une fois l’annonce d’arrivée faite. Une arrivée en cours d’année scolaire ne pose pas de problème : l’enfant est placé dans une classe selon son âge et son parcours. Les élèves qui ne parlent pas français bénéficient de dispositifs d’accueil (cours intensifs de français, structures d’accueil), avant une intégration progressive en classe ordinaire. Seules les écoles privées et internationales sont payantes, avec des frais de plusieurs milliers de francs par an.

Combien coûte une place en crèche en Suisse ?

Le prix dépend du revenu des parents : dans les crèches subventionnées de la Ville de Genève, un accueil à plein temps (10 heures par jour, 5 jours par semaine) coûte d’environ CHF 110 par mois pour les revenus les plus bas jusqu’à environ CHF 1 908 par mois pour les revenus les plus élevés, selon la tabelle officielle de la Ville de Genève. À Lausanne, le tarif du Réseau-L est aussi calculé sur le revenu brut du ménage, avec un simulateur disponible sur lausanne.ch. En crèche privée non subventionnée, il faut compter environ CHF 100 à 130 par jour. Le vrai problème n’est pas seulement le prix mais la disponibilité : les listes d’attente se comptent en mois, et l’inscription doit être lancée avant même l’arrivée en Suisse (à Genève auprès du Bureau d’information petite enfance, à Lausanne auprès du Réseau-L). Les frais de garde sont partiellement déductibles des impôts, jusqu’à CHF 25 000 par enfant et par an à Genève.

Quel est le montant des allocations familiales en Suisse en 2026 ?

Le minimum fédéral 2026 est de CHF 215 par mois et par enfant, et de CHF 268 par mois pour un jeune de 16 à 25 ans en formation, selon l’OFAS. Les cantons romands versent davantage : en 2026, Genève paie CHF 311 par enfant (CHF 411 dès le troisième enfant) et CHF 415 par jeune en formation, le canton de Vaud CHF 322 (CHF 365 dès le troisième) et CHF 425 en formation, le Valais CHF 327 et CHF 477, Fribourg CHF 265 et CHF 325, Neuchâtel CHF 240 et CHF 320, le Jura CHF 275 et CHF 325 (tableau officiel OFAS, état au 1er janvier 2026). La plupart de ces cantons versent aussi une allocation de naissance unique, de CHF 1 200 à Neuchâtel jusqu’à CHF 2 142 en Valais. Les allocations sont versées via l’employeur et uniquement sur demande : une famille avec trois enfants à Genève touche plus de CHF 1 000 par mois, mais seulement si elle les réclame.

Mes enfants doivent-ils avoir leur propre assurance maladie en Suisse ?

Oui, chaque enfant doit avoir son propre contrat d’assurance maladie de base (LAMal) : il n’existe pas de couverture familiale en Suisse. Selon ch.ch, chaque membre de la famille doit être affilié dans les 3 mois suivant la prise de domicile, avec une couverture et des primes rétroactives au jour d’arrivée ; un bébé né en Suisse doit l’être dans les 3 mois suivant sa naissance, avec effet rétroactif au jour de la naissance. Les primes des enfants sont réduites : la prime moyenne suisse 2026 d’un enfant est de CHF 122.50 par mois, contre CHF 465.30 pour un adulte, selon l’OFSP. Les enfants n’ont pas de franchise obligatoire (option de CHF 0 à 600). Le levier d’économie principal pour une famille reste le subside cantonal : à Genève, chaque enfant à charge relève les seuils de revenu et reçoit CHF 132 par mois de subside, et dans le canton de Vaud le total des primes du ménage est plafonné à 10 % du revenu déterminant pour les ménages éligibles.

Quelle est la durée du congé maternité en Suisse ?

Le congé maternité suisse dure 14 semaines (98 jours), indemnisées à 80 % du revenu moyen d’avant l’accouchement, avec un plafond de CHF 220 par jour, selon l’OFAS (régime des allocations pour perte de gain). Le plafond est atteint dès environ CHF 8 250 de salaire mensuel. Pour y avoir droit, la mère doit avoir été assurée à l’AVS durant les 9 mois précédant l’accouchement et avoir exercé une activité d’au moins 5 mois pendant la grossesse ; les périodes d’assurance accomplies dans un pays de l’UE ou de l’AELE sont prises en compte, ce qui protège les personnes récemment installées. L’autre parent bénéficie d’un congé de 2 semaines (10 jours), indemnisé au même taux de 80 % plafonné à CHF 220 par jour. Il n’existe pas de congé parental fédéral en plus de ces deux congés, mais certaines conventions collectives et entreprises accordent des durées supérieures. Plusieurs cantons versent en complément une allocation de naissance unique, comme CHF 2 073 à Genève.

Dernière mise à jour : juillet 2026. Sources : OFAS (bsv.admin.ch, tableau officiel des allocations familiales 2026 et régime des APG), OFSP (primes 2026), SEM (sem.admin.ch), ch.ch, Confédération suisse, ge.ch (OCPM et subsides), vd.ch (école et notice OVAM subsides 2026), Ville de Genève (tarifs petite enfance), lausanne.ch (Réseau-L). Les montants sont ceux de l’année 2026 et sont revus chaque année.

Tu arrives en Suisse en famille ? Pose tes questions lors d’une séance d’information gratuite : on regarde ensemble l’assurance maladie de chaque membre de la famille, vos droits aux subsides et aux allocations, et votre budget d’installation. Environ 300 jeunes nous font confiance chaque mois en Suisse romande.

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