Publié le 17 septembre 2026 · Mis à jour le 18 septembre 2026
Tu viens de décrocher ton CFC d’employé·e de commerce, ou tu cherches ton premier poste, et tu tombes partout sur la même chose : des fourchettes du genre « 3 500 à 5 000 CHF » balancées sans source ni date. Impossible de savoir si l’offre qu’on te fait est correcte ou si on te sous-paie. On a fait le travail que les jobboards ne font pas : on est allés lire la source officielle, la brochure des recommandations salariales 2026 de la Société suisse des employés de commerce, et on te donne le vrai chiffre de départ, canton par canton, avec la méthode et le nom de la source. Que du vérifié.
Ce baromètre fait partie de la même famille que notre baromètre du salaire infirmier·ère et notre baromètre du salaire aide-soignant·e (ASSC). Si tu veux d’abord le panorama général, on a aussi un guide du salaire moyen et médian en Suisse. Sauf qu’ici, un truc change complètement la donne, et on t’explique pourquoi plus bas.
L’essentiel en 30 secondes
En 2026, pour un·e employé·e de commerce titulaire du CFC qui débute, à plein temps, 13e salaire compris :
- Le minimum recommandé, partout en Suisse : 62 400 CHF par an, soit 4 800 CHF par mois versés treize fois. C’est le plancher fixé par la Société suisse des employés de commerce pour un CFC au terme de l’apprentissage.
- Le marché paie davantage à Genève : environ 66 050 CHF par an au départ (médiane, région à salaires élevés).
- Vaud, Fribourg, Neuchâtel et le Jura tournent autour de 63 450 CHF par an (région de référence).
- Le Valais est le plus bas : environ 56 530 CHF par an, sous le minimum recommandé.
- La donnée qui pique : 4 débutants sur 10 démarrent en dessous du minimum recommandé. L’enquête de la Société suisse des employés de commerce auprès de 4 000 jeunes diplômés montre que 39,9 % d’entre eux ont commencé sous ce seuil, un record.
Tous ces montants sont bruts, à plein temps, 13e compris. Pour ce qu’il te reste vraiment, saute à la section sur le net ou passe tes chiffres dans notre calculateur brut-net.
Le baromètre 2026 : le salaire de départ d’un·e employé·e de commerce CFC, canton par canton
Voici, pour chaque canton romand, le minimum recommandé à l’embauche et la médiane réellement observée sur le marché en début de carrière. Le minimum recommandé est un plancher national : la Société suisse des employés de commerce demande le même chiffre partout. La médiane de marché, elle, varie selon la région, et c’est là que ton canton compte.
| Canton | Région salariale | Minimum recommandé à l’embauche | Médiane du marché, début de carrière | Par mois (÷13) |
|---|---|---|---|---|
| Genève | Élevée | 62 400 | environ 66 050 | environ 5 080 |
| Vaud | Référence | 62 400 | 63 450 | environ 4 880 |
| Fribourg | Référence | 62 400 | 63 450 | environ 4 880 |
| Neuchâtel | Référence | 62 400 | 63 450 | environ 4 880 |
| Jura | Référence | 62 400 | 63 450 | environ 4 880 |
| Valais | Basse | 62 400 | environ 56 530 | environ 4 350 |
Montants en CHF, bruts, à plein temps, 13e salaire compris. Source : Société suisse des employés de commerce, recommandations salariales 2026, table de la classe de fonction C (employé de commerce CFC), ajustée du facteur régional officiel de la brochure.
Deux choses sautent aux yeux. À Genève, le marché dépasse le minimum recommandé de près de 4 000 CHF par an : c’est le canton romand où un CFC de commerce démarre le mieux. En Valais, c’est l’inverse : la médiane du marché tombe sous le minimum que recommande la profession. Autrement dit, dans ce canton, la moitié des débutants gagnent moins que ce qui est considéré comme correct pour leur diplôme.
Pourquoi il n’existe pas de « grille cantonale » comme pour les infirmiers
Si tu as regardé nos baromètres santé, tu as vu qu’on donnait la grille salariale précise de l’hôpital public de chaque canton. Pour l’employé·e de commerce, on ne peut pas faire pareil, et il faut être honnête sur ce point.
Un·e infirmier·ère ou un·e aide-soignant·e travaille très majoritairement pour un gros employeur public par canton, l’hôpital, dont la grille est publiée. L’employé·e de commerce, lui, est partout : banque, assurance, PME industrielle, fiduciaire, commerce, administration, association. Il n’y a pas un employeur de référence par canton, donc pas de grille cantonale unique du secteur privé. Personne ne publie « le salaire de l’employé de commerce du canton de Vaud », pour la bonne raison que ça n’existe pas.
Ce qui existe, en revanche, c’est la recommandation officielle de la profession. La Société suisse des employés de commerce publie chaque année ses recommandations salariales, bâties sur les données de l’Office fédéral de la statistique, et elle définit elle-même trois régions salariales. Genève est classée dans la région à salaires élevés. Vaud, Fribourg, Neuchâtel et le Jura sont dans la région de référence, avec Berne et l’Espace Mittelland. Le Valais est dans la région à salaires bas, avec le Tessin et les Grisons. C’est cette classification officielle qu’on applique aux cantons romands. Elle est plus honnête qu’une fausse précision au franc près : quand quatre cantons affichent le même montant, c’est parce que la profession les met dans la même région, pas parce qu’on a inventé un chiffre.
Ce que tu devrais toucher contre ce que le marché paie vraiment
Voilà la donnée qu’aucun jobboard ne te montre, parce qu’elle dérange. La profession recommande un minimum de 62 400 CHF par an pour un CFC qui débute. Dans les faits, beaucoup de jeunes commencent en dessous.
La Société suisse des employés de commerce interroge chaque année environ 4 000 jeunes qui viennent de terminer leur formation. Pour la volée des diplômés 2024, 39,9 % d’entre eux ont perçu un salaire de départ inférieur au minimum recommandé de l’époque. C’est un record depuis le début de l’enquête en 2006, et plus du double de l’année précédente, où la proportion était de 18,6 %. En clair : près d’un débutant sur deux se fait proposer moins que ce que vaut son diplôme, et la tendance empire.
Pourquoi c’est important pour toi ? Parce que ça veut dire deux choses. D’abord, une offre en dessous de 62 400 CHF par an n’est pas « le marché », c’est une offre basse que tu as le droit de discuter. Ensuite, le fait que tant de jeunes acceptent sous le minimum tire les médianes vers le bas, surtout dans les régions où le rapport de force joue contre les débutants. Connaître le chiffre officiel, c’est ton meilleur argument à l’entretien.
Du brut au net : ce qu’il te reste vraiment, et le bonus des moins de 25 ans
Le brut, c’est ce qui est écrit sur le contrat. Le net, c’est ce qui arrive sur ton compte. Entre les deux, il y a les déductions sociales, puis l’impôt. Voici ce qu’on prélève sur ta fiche de paie de débutant :
| Déduction | Taux (part salarié) | À partir de quand |
|---|---|---|
| AVS, AI, APG | 5,3 % | dès le 1er franc |
| Assurance chômage (AC) | 1,1 % | dès le 1er franc |
| Assurance accidents non professionnels | environ 0,7 à 1,7 % | selon l’employeur |
| Épargne LPP (2e pilier) | 0 % avant 25 ans, puis environ 3 à 4 % | dès l’année de tes 25 ans |
Et là, il y a un cadeau que personne ne dit aux jeunes : avant 25 ans, tu ne cotises pas encore à l’épargne du 2e pilier. La loi ne rend l’épargne LPP obligatoire qu’à partir du 1er janvier qui suit ton 24e anniversaire. Concrètement, un débutant de 21 ans et un collègue de 26 ans qui touchent le même brut n’ont pas le même net : le plus jeune garde chaque mois les 100 à 150 CHF que l’autre met de côté pour sa retraite. Ce n’est pas une perte, c’est un décalage, mais autant le savoir pour comprendre pourquoi ton net baisse un peu le jour de tes 25 ans. Tout est expliqué dans notre article sur la cotisation LPP.
Pour un débutant de la région de référence, à 63 450 CHF bruts et moins de 25 ans, il reste environ 92 à 93 % après les déductions sociales, soit à peu près 4 500 CHF par mois avant impôt. L’impôt, lui, dépend de ton canton, de ta commune et de ta situation : impossible d’en faire un tableau honnête ici. Fais le calcul exact avec notre calculateur brut-net, et apprends à lire chaque ligne dans notre guide de la fiche de salaire.
Petite ou grande boîte, quelle branche : où le CFC de commerce paie le mieux
À diplôme égal, deux facteurs font vraiment bouger ton salaire : la taille de l’entreprise et la branche.
Sur la taille, la Société suisse des employés de commerce est claire : dans une grande entreprise de 250 personnes ou plus, les salaires se situent plutôt entre la médiane et le haut de la fourchette ; dans une petite structure de 20 personnes ou moins, plutôt entre le bas et la médiane. Pour un tout jeune débutant, l’écart reste modéré, mais il grandit avec l’expérience.
Sur la branche, les données de l’Office fédéral de la statistique montrent une hiérarchie stable. La banque, l’assurance, la pharma et la chimie paient au-dessus de la moyenne des employés de commerce. Le commerce de détail, la vente et l’hôtellerie paient en dessous. Un même CFC d’employé de commerce ne vaut donc pas le même salaire selon que tu entres dans une banque genevoise ou dans une enseigne de la grande distribution. Si ton objectif est le salaire, vise les branches du haut du tableau dès ta recherche de premier poste : c’est plus facile d’y entrer jeune que d’y arriver plus tard.
Un mot sur la fonction publique, souvent citée comme un repère. L’administration cantonale embauche aussi des employé·e·s de commerce, sur une grille de fonction publiée et consultable. L’avantage n’est pas forcément le montant de départ, proche de la recommandation, mais la transparence : la classe et la progression sont connues d’avance, sans négociation à l’aveugle. Renseigne-toi sur la grille de ton canton avant un entretien dans le public.
Négocier ton premier salaire : cinq leviers concrets
- Arrive avec le chiffre officiel. Dire « la profession recommande au minimum 62 400 CHF pour un CFC » vaut mieux que « j’espérais un peu plus » : tu cites une source, pas une envie.
- Compte toujours en brut annuel, 13e compris. Un employeur peut annoncer 4 500 CHF par mois sur treize ou sur douze salaires, et ce n’est pas le même contrat. Ramène tout à l’année pour comparer deux offres.
- Mets la branche dans la balance. Le bas de la fourchette dans une grande banque se discute ; le même montant dans une petite association est déjà correct.
- Quand le salaire ne bouge plus, négocie le reste : participation aux transports, jours de formation, part de télétravail, treizième garanti. Ces éléments pèsent lourd sur l’année.
- Ne signe pas sous le minimum sans y avoir réfléchi. Une offre en dessous de 62 400 CHF n’est pas forcément à refuser, mais elle se discute, surtout à Genève et sur l’arc lémanique où le marché est plus haut.
Comment citer ce baromètre
Tu écris un article, un mémoire ou un post et tu veux reprendre nos chiffres ? Utilise cette formulation :
« Selon le baromètre Conseil Jeunes du salaire employé de commerce CFC en Suisse romande (édition 2026), un·e titulaire du CFC qui débute gagne, brut et 13e compris, environ 66 050 CHF par an à Genève, 63 450 CHF dans les cantons de la région de référence (Vaud, Fribourg, Neuchâtel, Jura) et environ 56 530 CHF en Valais, sur la base des recommandations salariales 2026 de la Société suisse des employés de commerce. »
Un lien vers cette page est toujours apprécié : il permet à tes lecteurs de vérifier la source.
Méthodologie
On ne publie que des chiffres qu’on a lus nous-mêmes à la source. Voici comment ce baromètre est construit :
- Cible : un·e employé·e de commerce titulaire du CFC (formation initiale de trois ans) qui débute, à plein temps, 13e salaire compris. Pas un profil senior, pas un cadre.
- Source principale : la brochure officielle des recommandations salariales 2026 de la Société suisse des employés de commerce, publiée en novembre 2025. On en tire le minimum recommandé (62 400 CHF pour un CFC), la table de la classe de fonction C et les facteurs régionaux officiels.
- Maille régionale : on applique la classification en trois régions salariales définie par la profession elle-même, résolue sur les cantons romands (Genève en région élevée, Vaud, Fribourg, Neuchâtel et Jura en région de référence, Valais en région basse).
- Médiane de marché : médiane observée en début de carrière, ajustée du facteur régional, sur la base des données de l’Office fédéral de la statistique reprises par la brochure.
- Ce qu’on ne fait pas : on n’invente pas de net par canton (il dépend de la situation) et on ne prétend pas à une grille cantonale du privé, qui n’existe pas pour ce métier. Chaque chiffre est daté et sourcé ; ce qui n’est pas vérifiable n’est pas publié.
Chiffres et sources vérifiés pour l’année 2026.
Questions fréquentes
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